Plaisir et dépendance : comment devient-on accro ?

Pourquoi fumer devient difficile à contrôler ?

En France, près de 13 millions de personnes fument quotidiennement (Source OFDT).
Si l’entrée dans le tabagisme se fait souvent par plaisir ou curiosité, la consommation peut peu à peu prendre une place dont il devient difficile de se détacher. 

On parle de dépendance lorsque la cigarette n’est plus un simple choix, mais une réponse automatique à certaines situations ou sensations.

La dépendance au tabac, en quelques mots

Le psychiatre addictologue Laurent Karila décrit les 5 C de l'addiction

  • Contrôle : difficulté à limiter ou arrêter (perte de contrôle)
  • Consommation : envie irrépressible de fumer (appellé craving)
  • Compulsion : activité compulsive
  • Continuité : usage continu
  • Conséquences : poursuite malgré les conséquences négatives

Le tabac est aujourd’hui reconnu comme l’une des substances les plus addictives.

Le rôle de la nicotine

La nicotine atteint le cerveau en quelques secondes après l’inhalation.
Elle entraîne la libération de dopamine, un messager chimique associé au plaisir. 

Ce plaisir est bref.
Lorsque le taux de nicotine baisse, apparaissent des sensations de manque qui poussent à refumer. 

Progressivement, la cigarette sert surtout à éviter l’inconfort, plus qu’à procurer du plaisir.

Entre plaisir et manque

Avec le temps, le geste devient automatique.
Certaines situations (pause, stress, émotions, habitudes) déclenchent l’envie de fumer, parfois sans même y penser. 

Entre plaisir et soulagement du manque, la dépendance s’installe peu à peu.
Les signes de manque sont l'irritabilité, le craving (envie irrépressible de fumer), l'augmentation de l’appétit, les difficultés de concentration, l'humeur triste, l'anxiété,
les troubles du sommeil, l'impression de profonde souffrance, etc.

Ce qu’il faut retenir

  • La dépendance n’est ni une faiblesse ni un manque de volonté
  • Elle repose sur des mécanismes biologiques et comportementaux
  • Comprendre ces mécanismes est déjà un premier pas
  • Face au tabac, il n'existe pas une seule solution

C’est sur cette base que l’accompagnement en tabacologie prend tout son sens. 

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Questions fréquentes autour du tabac

Fume-t-on par plaisir ou par besoin ?

Les deux.
Le plaisir est souvent présent au début. Avec le temps, la consommation sert surtout à éviter les sensations de manque liées à la nicotine. 

Peut-on être dépendant même en fumant peu ?

Oui.
La dépendance dépend à la fois du nombre de cigarettes fumées et des mécanismes installés. Même une consommation modérée peut entraîner une dépendance. 

L’addiction est-elle seulement une question de volonté ?

Non.

L’addiction associe une perte de contrôle liée à des mécanismes biologiques et comportementaux. La volonté seule ne suffit pas à les réguler. 

Pourquoi la cigarette du matin est-elle si importante ?

Parce qu’elle soulage un manque.
Au réveil, le taux de nicotine est très bas. Fumer permet de “recharger” rapidement ce taux et de faire disparaître les sensations de manque, souvent confondues avec le plaisir ou l’habitude. 

Combien de temps dure la dépendance à la nicotine ?

La dépendance physique est transitoire.
Elle disparaît en moyenne après 4 à 8 semaines d’arrêt total, le temps que les récepteurs nicotiniques retrouvent un fonctionnement normal.